La peur des hommes…

Article : La peur des hommes…
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2 août 2022

La peur des hommes…

Cet article, j’ai eu du mal à l’écrire. Je ne trouvais pas comment expliquer les choses telles que ressenties. Tellement j’en ai sur le cœur, il me faudrait certainement des années de thérapie. Des années, durant lesquelles je pourrais expliquer en détail pourquoi les femmes ont peur des hommes. N’ayant malheureusement pas tout ce temps et face à l’urgence de la situation, j’ai mis en œuvre tout mon savoir-faire pour être claire et concise. Afin que, sait-on jamais, d’autres femmes n’aient pas à en arriver là. Pour la petite histoire, mon expérience avec la gente masculine n’est pas des plus simple. Même si mes articles parlent surtout de mes expériences, j’essaierai de m’en tenir aux faits afin que mon avis personnel n’affecte pas –complètement– le tableau que je m’en vais vous peindre.

Femme apeurée et triste
Femme en état de peur ( Source: pexels-mizuno-k)

Comme je l’ai dit, j’ai toujours voulu aborder ce sujet mais j’avoue ne pas avoir voulu étendre mes expériences à tout mon genre. On a souvent eu coutume de me dire que, ce qui m’arrive n’est pas le quotidien de tout le monde. Avec raison ou tort, je me suis très vite faite à cette assertion, jusqu’à il y a quelques semaines. En effet, je surfais sur la toile comme d’habitude, et j’ai découvert une vidéo tik tok dans laquelle un jeune homme décide de saluer des inconnu(e)s. Et comme par magie, il n’y a que les hommes qui répondent à la salutation de ce dernier. Je n’aurai même pas fait attention à cette vidéo assez banale pour ma part jusqu’à ce que je me penche sur les commentaires et en particulier un commentaire venant de quelqu’un que je connais personnellement.

Commentaire d’une Vidéo dans laquelle un jeune homme qui s’amuse à saluer des inconnus (Source: Twitter)

Donc parce que les femmes ont choisi de ne pas saluer cet homme, elles ont eu droit à de la misogynie de toutes formes au point d’être traitées de « cruches », impolies et potentiellement paranoïaques. Nul doute que je n’allais pas me taire face à cette injustice à ciel ouvert. Parce que les hommes se plaignent du comportement jugé snobe des femmes en ayant vite fait d’oublier qu’ils en sont les causes. Parmi lesquels: le harcèlement, le sexisme/misogynie, les attouchements et les autres formes de violences.

Le harcèlement banalisé

Si vous êtes aussi actif que je le suis sur twitter, vous avez certainement vu cette vidéo. Une femme se faisant courser sur une autoroute en France qui se fait tirer dessus au fusil de paintball. La cause ? Elle aurait refusé de donner son pseudo Snapchat à des hommes. Ils n’ont rien trouvé de mieux que lui adresser cette action en représailles, au mépris de sa sécurité, de la leur et de celle des autres automobilistes présents. Leur comportement aurait pu avoir des conséquences plus que dramatiques. Et pourtant, il n’ y a qu’à voir les gens se marrent dans les commentaires pour comprendre l’ampleur des dégâts. En n’oubliant pas de dire « elle aurait dû donner son snap, elle aussi ».

Femme attaquée sur une autoroute française pour refus de partager son pseudo snapchat (Source:Twitter)

Le harcèlement est donc devenu tellement banal, qu’il amuse la galerie. Au point où la victime est blâmée de n’avoir pas réagi de façon à contenter ses harceleurs. Cela me fait presque penser aux fois où, je me suis faite suivre jusqu’à chez moi par des hommes. Parce qu’ils voulaient, je cite « faire plus ample connaissance » et que personne n’y trouvait rien à redire. D’aucuns diront que c’est juste de la drague et que le concevoir autrement est une forme de paranoïa. Or selon plusieurs sources, le harcèlement de rue est loin d’être une utopie. D’ailleurs en Afrique du Sud et au Brésil, le près d’une femme sur deux, a déjà été victime de harcèlement de rue.

Illustration d'une femme victime de harcèlement de rue
Illustration d’une femme victime de harcèlement de rue ( Source: pexels-keira-burton)

Les résultats de ce type d’études menées au Cameroun feraient certainement froid dans le dos. Je ne peux citer le nombre de fois où mes copines ou moi d’ailleurs en avons été victimes. Se faire stopper net dans la rue par des inconnus qui de surcroît s’amusent à vous toucher… Ahlala, il y a pourtant mille et une façon d’aborder des femmes, Florence Escaravage et Serge Hefez en ont même fait un bouquin et puis sinon il y a toujours mes articles sur la drague.

Les attouchements et autres types d’agressions

Alors sur ce coup, j’en ai des anecdotes à raconter. En 2019, j’en parlais déjà dans mes tweets à cause de l’incapacité de certaines de mes connaissances masculines à se tenir à distance de moi. Toutes les situations étaient bonnes pour créer un rapprochement physique entre eux et moi. Mais ce n’est pas tout. Au-delà de ces rapprochements indésirés -parce que spoiler alerte: je déteste qu’on me touche-, il s’en suivait des commentaires ô combien déplacés sur mon physique, l’effet et les idées que ça donneraient.

Tweet de @Lizzie_Loud datant de 2019

Parfois même en plus des mains baladeuses et il faut faire face à des bisous volés ou forcés. Des actes qui bafouent l’essence même du consentement. J’en parlais déjà dans mon article sur les violences sexuelles. Mais ce n’est même pas le pire… Dans certains cas, les plus extrêmes, les violences physiques s’enchaînent avec à la clé des féminicides. Le nombre de violences faites aux femmes sous prétexte qu’elles auraient fait usage de leur droit au consentement va sans cesse en grandissant. Dans les pays comme le Cameroun, avec l’absence de législations fortes à cet effet, des cas comme ces derniers sont presque banals. Tellement qu’on en trouve même moyen d’en rire.

Illustration d'une femme agressée physiquement par un homme
Illustration d’une femme agressée physiquement par un homme (Source: pexels-alex-green)

Attention, je ne dis pas que tous les hommes font partie du mouvement incel. Mais il faut admettre que la facilité qu’ont certains à défendre ces actes, oblige à se poser des questions. Donc non, une femme n’a pas à accepter des situations ou propositions qu’elle n’approuve pas. Non, une femme ne devrait pas vivre dans la peur et sursauter à chaque fois qu’un homme s’approche d’elle. Elle ne devrait pas avoir à craindre pour sa sécurité ou sa vie en présence du sexe opposé. Quand je parle de moi, certains pourraient croire que je généralise. Mais derrière les statistiques, se trouvent des femmes, des vraies dont les histoires font écho via les hashtags #MeToo, #BalanceTonPorc etc. Force et soutien à toutes ces femmes là et aux autres aussi. Et je terminerai par cette citation de Paulo Coehlo.

Paulo Coehlo « La peur n’est pas un signe de lâcheté. C’est elle qui nous permet d’agir avec bravoure et dignité dans certaines circonstances. Celui qui éprouve la peur et va cependant de l’avant, sans se laisser intimider, fait preuve de courage. Mais celui qui affronte des situations difficiles sans tenir compte du danger ne fait preuve que d’irresponsabilité. »
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