Devenir Maman, épisode 4 : Le trimestre de l’impatience
J’étais enfin arrivée à la « dernière ligne droite » : le troisième trimestre de ma grossesse. Cette étape représentait une véritable victoire après les épreuves émotionnelles et physiques des deux premiers trimestres. Les désagréments qui m’avaient tant perturbée commençaient à s’apaiser, me permettant enfin de me concentrer sur les préparatifs pour accueillir mon bébé. Mais ce trimestre ne se limitait pas à cette seule attente : d’autres bouleversements inattendus allaient bientôt marquer cette période charnière de ma vie.

En effet, en plein milieu de ce trimestre de toutes les attentes, j’ai dû quitter le Cameroun, pour le meilleur… Si on veut.
Mon troisième trimestre de grossesse au Cameroun
Franchement, le suivi de ma grossesse au Cameroun, c’était une galère. Même en passant du public au privé, je n’ai pas trouvé mieux. Pourtant, j’avais les moyens de payer, mais je me demandais souvent comment les femmes avec moins de ressources faisaient pour accoucher dans ces conditions. Prenons un exemple : j’étais terrifiée par l’idée de la douleur et j’ai voulu me préparer, tant physiquement que psychologiquement. J’ai posé des questions sur la péridurale et la préparation à l’accouchement, mais personne n’a su me répondre ou m’apaiser. Les soignants voyaient bien mon stress, mais rien. Résultat ? Zéro accompagnement. Plus la date approchait, plus j’étais pétrifiée. Ça m’a fait réaliser à quel point on est livrées à nous-mêmes dans ce genre de situation. Et ça me confortait dans l’idée qu’on ne m’y reprendrait plus. Un seul mot: Abstinence!
Oui, plusieurs études et rapports établissent un lien entre la qualité de la prise en charge des grossesses et le taux de mortalité maternelle lors de l’accouchement. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2020, près de 800 femmes sont décédées chaque jour de causes évitables liées à la grossesse et à l’accouchement. L’OMS souligne que des soins prodigués par des professionnels de santé qualifiés avant, pendant et après l’accouchement peuvent sauver des vies de femmes et de nouveau-nés.
« Mortalité maternelle »– Organisation Mondiale de la santé
Malgré que je devais subir les gynécos qui semblaient penser qu’accoucher sans souffrir était un luxe auquel je ne pouvais prétendre, je trouvais du réconfort en imaginant le visage de mon bébé. Je voyais déjà son petit corps dans les vêtements que ma mère ramenait après le boulot. Ça rendait tout plus réel. Mais en même temps, c’était un tourbillon d’émotions : entre la joie de l’attendre, l’impatience de le rencontrer et une bonne dose d’appréhension pour ce qui m’attendait.
La fin de ma grossesse à l’étranger
Mon départ pour l’étranger est arrivé juste au bon moment. Enfin, j’allais dans un endroit où la souffrance de la femme n’était pas érigé en norme, c’était un soulagement! En plus, j’allais retrouver celui qui m’avait mise dans cette situation, la solitude de mon périple prenait fin et j’étais la plus heureuse. Même si nous avons rencontré quelques difficultés notamment sur le point de vue administratif, cette nouvelle situation était bien meilleure que tout ce que j’avais vécu avant.
Partager la grossesse à deux était un vrai soulagement. Même si ma famille me manquait et que j’étais un peu perdue dans ce nouvel environnement, j’ai eu la chance de croiser des soignants empathiques et professionnels. Pour la première fois, je ne me sentais plus coupable d’être enceinte. Mais tout cela avait un coût, et les montants en euros, convertis en CFA, me donnaient le vertige. Heureusement, je n’étais pas seule, et ça changeait tout. Je n’avais plus qu’une seule hâte, mettre au monde ce bébé!