Devenir Maman, épisode 3 : Le trimestre des changements
Comme mentionné dans mon précédent article, devenir mère a transformé mon quotidien bien au-delà de ce que j’avais imaginé. Le premier trimestre a été une épreuve difficile, et j’espérais sincèrement que le second apporterait un peu de répit mais ce ne fut pas tellement le cas. Même si c’est finalement durant ce trimestre que j’ai appris à accepter et à faire la paix avec les nombreux changements, présents et à venir, liés à ma nouvelle réalité.

Prise de poids et changements visibles liés au trimestre 2
Au cours du premier trimestre de ma grossesse, j’étais obsédée par les transformations physiques à venir. Ayant toujours été très mince, l’idée de prendre beaucoup de poids me terrifiait. Je faisais tout pour maintenir ma silhouette, et, paradoxalement, les nausées et régurgitations y contribuaient. Cependant, dès le quatrième mois, mon ventre a commencé à s’arrondir et le masque de grossesse à apparaître, ce qui rendait mon état remarquable malgré mes tentatives de dissimulation sous des vêtements amples. Comme je le redoutais, cela a entraîné une perte de confiance en moi. Cette nouvelle image de moi, je peinais à l’accepter devant le miroir.
Concernant ma prise de poids, elle a progressé lentement en raison de mes problèmes de digestion, qui me poussaient à manger très peu. Honnêtement, cela ne me préoccupait pas vraiment. Ce rythme a marqué mon quotidien jusqu’à ce fameux rendez-vous chez la gynécologue, alors que j’étais à cinq mois de grossesse et n’avait pris qu’un kilogramme, où j’ai été rappelée à l’ordre pour cela. En effet, la gynécologue m’a expliqué que l’absence de prise de poids depuis le début de ma grossesse pouvait présenter des risques pour le bébé. Pour son bien-être, il devenait impératif que je commence à grossir et fasse donc la paix avec la nourriture.
Ressentir les premiers mouvements de mon bébé : une expérience émotionnelle et la confirmation de mon intuition sur le sexe
Ressentir les premiers mouvements de mon bébé a été une expérience unique et difficile à décrire. Dès cet instant, j’ai eu la conviction que j’attendais un garçon. Pour un si petit fœtus, il était incroyablement énergique, au point de perturber mes nuits. Mon impatience d’obtenir une confirmation était telle que j’ai probablement fait plusieurs échographies sans prescription durant cette période. Finalement, au cinquième mois, cette intuition a été confirmée: j’attendais bel et bien un fils. J’étais très heureuse d’autant plus que mon frère, lui, avait déjà une fille.
Et à mesure que mon fils grandissait, ses mouvements devenaient de plus en plus vifs. Bien que parfois douloureux ou inconfortables, chacun d’eux me réconfortait profondément. Je me souviens que, lorsque je restais un moment sans le sentir bouger, je lui parlais pour l’encourager à se manifester, et il répondait souvent à sa façon.
Placenta bas inséré : une prise de conscience sur ma grossesse et mes priorités
Tout se passait relativement bien malgré les difficultés quotidiennes propres au Cameroun : coupures d’eau, d’électricité, chaleur accablante, etc. Jusqu’au jour où j’ai découvert que je perdais du sang. Je crois n’avoir jamais ressenti une telle peur de ma vie. Complètement paniquée, je me suis rendue chez ma gynécologue, qui, loin de me rassurer, a renforcé mon anxiété. On m’a annoncé que mon placenta était bas inséré, sans vraiment m’expliquer les risques associés. C’était la toute première fois que j’entendais parler d’une situation pareille, ce qui n’a fait qu’amplifier ma peur et mes inquiétudes et Google n’avait aucune intention de me rassurée au vue de l’étendue des risques que pouvaient entrainer une telle situation.Qui disait déjà encore qu’être enceinte n’était pas une maladie ?
Je crois sincèrement que c’est à partir de cet événement que j’ai pleinement réalisé que je portais en moi une vie, et que celle-ci devenait désormais ma priorité absolue. La peur intense que j’ai ressentie, l’inquiétude, les battements affolés de mon cœur… Penser que tout ce que je faisais pour maintenir une certaine image auprès de mes proches, combiné à la toxicité de mon environnement, où je m’efforçais sans relâche de regagner la faveur de certaines personnes, pouvait d’une manière ou d’une autre nuire à mon fils, m’a plongée dans une profonde colère. Je me souviens que c’est ce jour-là que j’ai décidé de régler mes comptes, et le faire m’a apporté un immense soulagement.
J’avais donc une nouvelle ligne directrice pour la suite de ma grossesse. Imaginant tous les jours un peu plus comment serait mon fils, que j’aimais déjà plus que tout.