Devenir Maman, ultime épisode : Ma délivrance, un jour sans fin

Article : Devenir Maman, ultime épisode : Ma délivrance, un jour sans fin
Crédit: pexels-alexandro-david-871783-1912359
5 février 2025

Devenir Maman, ultime épisode : Ma délivrance, un jour sans fin

Comme je l’ai dit dans l’épisode précédent, mon troisième trimestre s’était enfin adouci sur la fin. J’avais commencé à trouver mes repères dans ce nouveau pays et, surtout, je comptais les jours avant de rencontrer enfin mon bébé. La date prévue pour l’accouchement – ou délivrance, comme je préfère l’appeler – était fixée au 26 mai. Un jour encerclé de rouge sur mon calendrier depuis plus de neuf mois.

Après des semaines de douleurs incessantes, des rendez-vous gynécologiques interminables et mes tentatives désespérées de garder une allure décente, j’étais persuadée que cette date marquerait la fin de mes souffrances. Je l’attendais comme une libération. D’autant plus que tout le monde autour de moi me répétait qu’en tant que primipare, j’accoucherais sûrement avant le terme.

Sauf que… mon fils avait d’autres projets. Et ce 26 mai, loin d’être la fin tant espérée, n’était en réalité que le début d’une épreuve encore plus intense.

On attend l’enfant…

À l’approche du 26 mai, un mélange d’impatience et d’anxiété s’installait en moi. Je ne savais pas exactement ce qui m’attendait, mais une chose était sûre : j’avais hâte de retrouver le plaisir oublié de dormir sur le ventre. Oui, ce simple luxe me manquait terriblement.

Avec mon chéri, on avait tout acheté, tout installé, tout préparé. On était prêts.Et puis… le 24 mai passe. Puis le 25. Puis le 26. Et toujours rien. Silence radio du côté de mon bébé. Pourtant, j’avais suivi à la lettre les conseils de ma mère, marchant des heures chaque jour. Même ma grand-mère y était allée de son petit remède : des squats. Alors, malgré l’air ridicule que je devais avoir en les faisant, je m’y étais appliquée avec sérieux, convaincue que ça favoriserait un accouchement sans encombre.

Crédit : Iwaria

Mais cette absence totale de signes m’a rongée toute la nuit. Impossible de fermer l’œil. À l’aube du 27 mai, direction l’hôpital pour comprendre ce qui se passait. Pourquoi mon bébé ne voulait-il pas sortir ?

Après une batterie d’examens, la réponse est tombée : “Tout va bien, Madame. Revenez dans deux jours si rien ne se passe.” Les sages-femmes étaient sereines. Moi, j’étais dépitée.

L’enfant ne vient pas !

Pour alléger l’ambiance, mon chéri s’est mis à chanter une chanson bien connue chez nous : « On attend l’enfant, l’enfant ne vient pas ! »… Franchement, à ce moment-là, j’aurais pu l’étrangler. Les sages-femmes avaient beau me rassurer en me disant que tout allait bien, j’étais au bout du rouleau. Dans ma tête, c’était censé être fini. J’avais tout préparé, tout anticipé… et là, voir cette date tant attendue passer sans rien, c’était un vrai coup dur.

Et comme si mon propre stress ne suffisait pas, ma famille s’y est mise. Chaque jour, c’était une avalanche d’appels pour savoir où j’en étais. Très vite, l’inquiétude a laissé place aux reproches : “Tu es sûre d’avoir bien pris la potion qu’on t’a conseillée ?” “Tu aurais dû manger plus de miel et de gombo, ça aide à déclencher l’accouchement !” Bref, tout était passé au crible, comme si mon bébé attendait un ingrédient secret pour se décider à sortir.Lui, en revanche, ne semblait pas pressé. Il continuait tranquillement sa petite vie, s’amusant même à étirer mon ventre dans tous les sens comme s’il cherchait une autre issue.

Puis le 29 mai est arrivé… et toujours rien. Retour à l’hôpital, nouvel examen, et même verdict : “Tout va bien, Madame, revenez dans deux jours pour un déclenchement.” Deux jours de plus ! Alors, le 31 mai, à 6h du matin, j’étais là, prête, fatiguée, mais résignée.

La journée entière a servi à m’observer. Perfusion au bras, moniteur sur le ventre, tout était sous contrôle… sauf que rien ne bougeait. Les sages-femmes se relayaient pour m’examiner, et toujours aucune avancée. Quand la nuit est tombée, ils ont décidé d’essayer une autre méthode : un ballonnet rempli d’eau pour forcer l’ouverture du col. Résultat ? Une nuit entière avec des tuyaux collés à ma jambe. Une gêne indescriptible, un inconfort absolu.

Je voulais juste que ça se termine.

Hala Madrid, bébé est là !

Le lendemain, quand on a retiré le dispositif, on espérait un miracle : que mon col ait enfin bougé, que les choses aient avancé. Mais non. Toujours fermé, toujours figé. Après plusieurs examens, la décision est tombée : il fallait percer la poche des eaux manuellement pour accélérer le processus. Heureusement, Pauline était là. Étudiante en obstétrique, elle s’occupait souvent de moi et, ce jour-là, elle a été bien plus qu’une soignante. C’était mon pilier. Les sages-femmes étaient géniales, mais elle, elle avait cette présence rassurante qui m’a permis de tenir bon.

Les heures passaient… et toujours rien. Les médecins commençaient à envisager une césarienne, mais voulaient tenter une dernière fois de laisser faire la nature. C’est alors que mon chéri s’est souvenu d’un événement crucial qui allait se jouer cette nuit-là : la finale de la Ligue des champions ! Le Real Madrid affrontait le Borussia Dortmund pour décrocher son quinzième titre. Entre les actions tendues et les cris d’excitation, on était à fond. Et quand notre équipe a enfin triomphé, l’euphorie nous a envahis. J’étais tellement prise dans l’émotion que, l’espace d’un instant, j’en ai presque oublié ma douleur… même si la péridurale, elle, commençait sérieusement à s’estomper.

Nos éclats de joie ont dû intriguer la sage-femme, qui est revenue vérifier mon col. Et là, surprise : il avait doublé de taille ! Avant le match, j’étais bloquée à 3 cm… après, j’étais à 7 cm. Exit la césarienne, mon corps avait enfin décidé de coopérer !

Encore deux heures… deux longues heures pour atteindre la dilatation complète. Et puis, à 4h40, le 2 juin, mon fils a poussé son premier cri.

Un instant de pur bonheur. Un immense soulagement pour tous. Il était enfin là.

Partagez